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NOS MADELEINES DE PROUST

Auteur: Luc, masseur ayant construit l'orgue à parfums du M.T. Novembre 2017

Qui n’a pas un jour ou l’autre rencontré par hasard une vieille odeur bien connue ? Une odeur qui fit surgir des profondeurs de sa mémoire un souvenir chargé d’émotions. Un élément du passé comme l'expression d’une conscience intemporelle. Ce petit miracle ordinaire de la vie, mon orgue portable propose de le provoquer dans votre chambre. Chers clients, fermez l'oeil et ouvrez le nez !

Entre Madeleines de Proust et sensations inqualifiables, s’essayer à créer un parfum, c’est partir à la recherche du temps perdu. Et il n'y a rien de passéiste ici. Comme le toucher, l’olfaction est un bon moyen de reposer son mental. L’écrivain Bachelard disait que « la conscience d’être commence par le bien-être ».

Alors je prends ici le temps « d’écrire du bien-être » en posant bêtement, côte à côte sur l'écran, des morceaux de nature, des mots simples mais sensés pour vos narines :
citron, menthe, thym, muscade, bergamote, mandarine, fleur d'oranger, rose, jasmin, lavande, magnolia, amande amère, vétiver, vanille, bois de santal, cèdre de l’Atlas, patchouli, benjoin de Siam, myrrhe ou encens ... Sentez-vous le merveilleux voyage qui s’offre à vous ?

En créant cet instrument de parfumeur (avec une quarantaine de bases et une méthode d'assemblages simplifiée), j'ai senti qu’une nouvelle expérience s’offrirait à vous. Avec une fois l'exercice accompli, le bonheur de retrouver chez soi son flacon précieux comme un plat "fait maison"; un assemblage -imparfait certainement- mais personnel et unique.
Et pour conclure, un cadeau fait à soi-même, avec, à l'interieur, derrière le verre transparent, un concentré d'instants présents, un jus d'existence vécu, de la vie réenchantée à partager.

Pschitt !

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Le point de vue du travailleur

Auteur: Luc, bricoleur ayant restauré la fontaine du M.T. Octobre 2017
Le saviez vous ?
Au moyen-age, les tailleurs de pierre des cathédrales ne s'ennuyaient jamais à tailler leurs pierres.
Comment faisaient-ils, que se passait-il, pourquoi cela ?

Ils ne taillaient pas des pierres mais construisaient des cathédrales !

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Qu'est ce qu'un Torii ?

Auteur: Luc, bricoleur ayant réalisé celui du M.T. Février 2017
Omni-présent au Japon, le torii est un portail qui marque la présence d'un espace sacré. Souvent érigé en pleine nature à l'entrée des sanctuaires, il est devenu le symbole du shintoisme comme la roue pour le bouddhisme ou la croix pour le catholicisme. Au Japon, le seul sanctuaire dédié à la déesse du riz compte quelque 10 000 torii !

Il serait apparu dès le 5ème siècle de notre ère. Le principe de la porte sacrée est omni-présent en Asie: le torii rapelle effectivement le torrana d'Inde, le paifang de Chine, le hongsal-mum de Corée ou le saochingcha de Thailande. En langue japonaise, sa traduction littérale est "là où sont les oiseaux". Le torii sépare le monde physique du monde spirituel. Selon la tradition, le traverser dans un sens vous oblige à le traverser dans l'autre sens. Pour le franchir dans les règles de l'art, on s'incline devant lui en évitant le centre. Si vous passez du côté droit, c'est à votre pied droit de se présenter en premier et inversement. Majoritairement en bois, il en existe aussi en pierre ou cuivre. Certains s'érigent seuls dans des lacs, d'autres juxtaposés en nombre jusqu'à créer de véritables tunnels. Presque tous les torii sont des offrandes de particuliers ou de familles mais principalement d'entreprises souhaitant réussir en affaires. Le mas turquoise est une entreprise; pour ne pas singer une culture qui n'est pas la sienne, son patron n'a pas osé la couleur traditionelle rouge vermillon. Par défaut, le turquoise fait office de totem-enseigne. En aout dernier, de retours de Mongolie où le chaman Gansukh fut cotoyé quelques jours, la nécéssité de mettre en forme mon jardin est venue. Avec l'obsession d'un torii à y construire. Mystère ! ...

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LORSQUE JE MASSE, JE FERME LES YEUX

Auteur: Luc, praticien massages-bien-être, novembre 2016

Pour mieux voir avec les mains. Mon age se brouille ; je me sens à la fois sage comme un homme de 70 ans et énergique comme un de 20. Lorsque je masse, je deviens une sorte de fil électrique, un fil de terre qui conduit une énergie douce. Cette énergie me traverse et je la transmets au massé.

Ma respiration change, quelque soient les taches à assurer simultanément, un calme apparait. Le linge du Spa à faire sécher, le petit déjeuner des chambres à débarrasser ou le contre-temps d’un client perdent toute importance. Masser relativise mes propres misères et j’ai souvent l’impression qu’un chef d’orchestre œuvre en ma faveur. Il m'éduque, m'encourage, me donne confiance. En 3 ans, jamais je n’ai annulé un rendez-vous pour cause de fatigue personnelle mais si un gros rhume survient, j'observe que ce sont les clients qui annulent leur rendez-vous comme pour ménager ma peine. Et je leurs rends grâce avec le titre de ma newsletter:
Encore merci, merci et merci.

A l’inverse, certaines journées me prennent à rebrousse-poils : lorsqu’un comédien se livre épuisé par le festival d'Avignon, lorsqu’une femme de 150 kilos ou qu’un homme atteint de la maladie de Parkinson se présente sans m’avoir prévenu lors de notre prise de rendez-vous, une décharge d’adrénaline prépare mon corps à faire face. Et quelque soit mon état, la force nécessaire survient comme par magie. J’ai alors l’impression d’être un musicien qui suit la partition et obéit au chef. Ce n’est pas l’heure de bouder ; c’est la guerre et je suis soldat,
entre la voie du sabre et la voie du thé. Parfois, c’est la musique du Spa qui me surprend. Ce n’est plus moi qui bouge à son rythme naturellement comme un danseur mais elle qui suit la nécéssité de mes mouvements pour les renforcer. Ces instants divins me remplissent de joie. Non, je ne rêve pas; je me sens alors à ma place avec l’impression que tout est à sa place, réglé comme un mécanisme d'horlogerie suisse. Masser m’oblige à être dans un bon état énergétique. Ainsi, la piscine Stuart Mill en banlieu d’Avignon est devenu mon outils de travail. J’y fais des séries de plongeons, de longueurs ou des tours sur moi même comme une otarie, les yeux fermés pour vérifer mes repères. Ainsi, je réaccorde le piano, mon outils de travail, mon corps de masseur.

Lorsque je masse, je suis parfois en proie à la mauvaise énergie de l’égo toujours prêt à me distraire. Je sais que le mien se cache dans l’esthétique ou l’e-réputation et m'efforce de m’en libérer. Sans compétence médicale, j’avance à mains nues. Mon arme, c’est ma bienveillance, mon intuition et surtout mon intention. Parfois, une main part masser seule dans un coin illogique et je lui fais confiance. Chez certains clients, un heure de massage ne fait pas le poids face à 20 ans d’habitudes chroniques mais il faut relativiser. Un simple assouplissement de 2mm peut être une victoire qui débloque ou soulage un nerf. Avec l’expérience, j’ai de moins en moins peur d’aller là où le massé a mal. Précisement parque le mal souhaite notre peur. Mais je lui donne de l’amour. Il m’est même arrivé de dire: « je vous ai fait mal ? C’est de votre faute ! Et de faire rire le client qui au fond de lui même sent bien sa responsabilité ! »

Lorsque je masse, certains visages allongés sur la table de massage sont si relaxés, qu’ils perdent toute expression comme une dépouille sur un lit de mort. Paradoxalement, ces visages me semblent plus vivants que jamais. Autant je m’interdis de regarder les corps pour ne pas indisposer celui ou celle qui n’aime pas le sien, autant j'aime contempler ces visages muets d’une beauté intemporelle. Evidemment que certains clients vous sont désagréables. A qui la faute ? Quelque soit le désagrément, l’individu a toujours une partie noble. En cherchant cette partie, je la trouve et en me concentrant sur elle, le désagrément diminue. Il y a aussi "O’ponopono", une sagesse issue des peuples d’Océanie. En deux mots, cette sagesse consiste à émettre les pensées suivantes « je suis désolé de ne pas vous comprendre, je suis désolé de vous avoir bléssé ou de vous agacer malgré moi; vous devez avoir de bonnes raisons d’être ainsi et croyez que je cherche à bien vous servir… » Et souvent, ces pensées techniques, volontaristes opèrent comme par magie. J'ai vu un client passer deux jours à faire la geule mais à l'heure du départ esquisser ainsi un premier sourire... 

Lorsque je masse, des réflexes de clients apparaissent souvent qui ne servent à rien, des couplages de nerfs ou de muscles inadaptés à l'instant présent de la salle de massage. Le massé se comporte comme au travail, tarde à passer en mode confiance tant une méfiance maladive a pris place dans tout son corps. Il ne s’agit pas de lui reprocher; cette méfiance a ses raisons que j'accueille. Mais à son tours, je lui demande d’accueillir un autre mode de fonctionnement, je l’invite à expérimenter la confiance. Ainsi, quand sans raison, son bras part systématiquement à droite, je l'envoie à gauche. C’est alors la tempète dans sa tête et je barre à gauche pour provoquer son système nerveux qui s'écrie en silence: « Au secours, tu es qui toi pour te permettre cette possibilité ? Moi ?, je suis ton masseur ! Mon travail est justement de te faire sentir l’étendu du possible, de libérer ton bras des ces habitudes qui te fatiguent et te vieillissent. Ton corps est comme une voiture et je remets à jour ton GPS ! »

On ne met jamais assez de conscience dans nos pensées et dans nos gestes. Notre santé n’est pas le fruit du hasard mais celui d’une attitude : Nous sommes ce que nous vivons ; nos actes nous définissent. Nous sommes tous malades d'amour. Le mot amour vient des mots âme et lumière. En massant pour ma santé et celle du client, j’agis pour la santé du monde. Cette santé est le résultat d’un grand nombre d’équilibres et l’équilibre se construit par une succession de déséquilibres en mouvement. La culture juive a un proverbe qui me fait rire: "Dieu vit qu'il ne pouvait être partout à la fois; alors il inventa la mère ..." Et de conclure par un proverbe inventé de toute pièce: "Dieu vit que l'incarnation sur terre allait être pénible, alors, pour soulager l'homme, il inventa le massage ..."

 

 

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Il est une femme...

Auteur: Luc, hébergeur et Spa-manager, juin 2016
Une personne extra-ordinaire qui m'offre de me réaliser et sans qui le machin bleu-vert n'aurait jamais vu le jour. Elle s'appelle Delphine, mon épouse et mon porte-bonheur depuis 20 ans.
C'est moi Luc qu'on voit sur scène mais c'est elle Delphine qu'il faudrait applaudir !

Avec autant de tête que de coeur, cette grande dame m'écoute, m'observe, me critique. Elle m'engueule aussi et m'embrasse enfin. Je suis tombé amoureux un jour et pense aujourd'hui qu'un couple est toujours un mystère (...) 
J'aime ton humour Delph, un humour minimal et positif. J'admire ta patience et ton courage à tout menner de front: ton emploi, notre maison et nos trois enfants Alice, Marius et Gaspard. 
Je m'émerveille enfin de voir dans la rue les gens venir à toi demander l'heure ou leur chemin. Ce n'est pas par hasard. Le titre de ton dernier livre de PNL ou d'Hypnose m'émeut: "Imaginer des histoires qui guerrissent..."
Tes compétences en devenir sont magnifiques et obligent ma solitude à s'incliner devant la tienne.
Un couple est toujours un mystère et si ça tombe, nos âmes viennent d'une même lointaine planête où la terre est turquoise évidemment. Je t'aime "femme" !

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Ma formation de praticien: histoires drôles et cheminement d'un apprenti-masseur.

Auteur: Luc, été 2012

Pour devenir "un intellectuel des mains" ou un "cosmonaute" du genre humain, le massage est une bonne école. Les corps ne mentent pas. Les stages de trois jours à l'école furent des scènes de spectacle vivant. Avec des réussites et des ratés d'apprentissage. Lever de rideau !

1- En premier stage d’initiation se trouve une femme très forte qui se trouve souvent la dernière à être choisie comme partenaire d'exercice. Malaise. Le troisième jours, à mon tours d'aller vers elle pour ne la regarder qu’avec le coeur. La musique aidant, je plonge dans ses bourelets et découvre, stupéfait, un corps puissant, massif et énigmatique comme un monument historique qui force le respect. C'est une pyramide d’Egypte que j'ai entre les mains. Admiration et émotion. A propos du regard, l’écrivain Saint Exupéry avait raison, l'essentiel est invisible pour les yeux.

2- C’est la troisième fois que ça arrive : mon fils Gaspard, âgé de 16 mois, le soir, de retour de chez sa nourrice vient coller le bas de son dos contre ma main. Exactement comme un téléphone portable qu’on pose sur son chargeur. Cela me ravit autant que lui. Nous sommes connectés l’un à l’autre.

3- En fin de journée de formation, l’huile de massage s’est répandue partout. Mes verres de lunette sont gras. En conséquence, l’image est floue et les filles belles comme des photos de David Hamilton. Sous l’effet du massage, mes oreilles aussi entendent flou. A moins que ce soit mon cerveau qui confond lymphatique, sympathique et moustique. J’entre dans un nouvel état de conscience, une sorte de coma idyllique. Soudain, dans la salle, un "esprit" surgit en musique. « Arrêtes ton délire Luc, c’est la sonnerie de ton portable ! » Il n'empèche que je pressens l'existence d'un autre monde, d'un mode de fonctionnement, moins cérébral, plus corporel et plus vrai. La vie à pleine main !

4- Prendre des notes en cours, lâcher le mental tout en tenant le crayon m'est difficile. Les démonstrations de Renato m’étourdissent. S’ouvrir pleinement à la discipline enseignée ou en garder des traces sur le papier font effet de sablier : la discipline se vide de sens pour devenir des traces insignifiantes ou les traces disparaissent pour remplir une discipline passionnante. Le regard, la voix et les gestes du Maitre me confondent ; je ne comprends plus ce qu’il raconte mais écoute son timbre de voix ; je ne vois plus ce qu’il fait mais regarde sa respiration, ressens son énergie. « Vous verrez bien » est sa dernière phrase. En élève appliqué, je la note précieusement comme une citation de Victor Hugo. Puis la barre aussitôt, car sur le papier, cette phrase est devenue complètement idiote, quelconque. Entre résistance et abandon sévit une perte d’équilibre, un vertige. "Vous verrez bien ?" Et bien je vois que j'ai la trouille !, qu'il y a en moi, un pilote automatique qui confond tout, tire au lieu de pousser ou monte au lieu de descendre. Concrètement, je me trompe de clefs, oublie mes lunettes n'importe où et cherche dans le couloir mon sac à dos accroché à mon dos. Panique à bord, le pilote entre dans un trou d’air, à moins que ce soit un trou de mémoire ! Un stage de massage, c'est çà !


5- Dans les murs du lieu de formation à Vers Pont du Gard, le mal-être et le bien-être pourrait se traduire par masser et pisser. L’ambiance du groupe rappelle celle du film « Vol au dessus d’un nid de coucou » avec Jack Nicholson. On y voit la vie d’un asile psychiatrique à la fois engourdie et agitée. Les blessures de chacun pointent leur nez discrètement ou au contraire apparaissent au grand jour bruyamment. C’est yin, yang et drôle : Les uns pleurent comme les autres se mettent en colère. Certaines bizarrerie me séduisent: Catherine boit son eau chaude, Aurélien mange sa pizza végétarienne avec supplément viande pendant qu’une troisième aux toilettes dégaze régulièrement. En fin de journée, « le tour de table » du groupe offre à chacun l’occasion de livrer ses états d’âme. Les autres me menacent. J’ai l’impression d’être un matador dans les arènes de Nîmes et les gradins sont remplis de taureaux. Tout devient excessif : mes habits de lumière trop voyants, mes mots trop violents ou trop plats. Comme l'autre m'a touché, parler ne me permet plus de me défendre ou d’attaquer. Mes bons sentiments distingués sont dérisoires et la cantatrice de Ionesco est chauve. Ou vais-je et qui suis-je ? Le groupe a sa mascotte : un squelette didactique, tranquille, qui nous surveille les bras croisés. Même son prénom fait sens : « Oscar », car il n’est fait que d’os et parce qu’un prénom familier aide à tromper la peur qu’il nous inspire. Enfin, la star hollywoodienne, le Maitre Renato, cruellement distant, observe chacun de nous en laissant parfois sa barbe nous sourire. Vous êtes ici chez les fous, bienvenus !

6- Pour la cinquième fois, je vais masser Jacques mon ex-voisin. Jacques approche les 70 ans. Il est un antiquaire passionné du 18 ème qui met des embauchoirs à ses souliers en cuir fleuris pour conserver leurs formes patinées par vingt ans d’usage (...) Jacques a eu une vie très accidentée et très contrariée. Ses déboires successifs ont contracté ses muscles durablement et sa musculature a fini par déformer son squelette. Raide et tordu, son corps est difficile à masser mais exprime un parcours admirable. J’ai plaisir à retrouver la vieille carcasse vrillée de cet esprit raffiné. Avec ma table de massage américaine OAKWORKS, je débarque chez lui comme en Normandie. Vive la libération ! Avec lui, je n'ai plus d'age; je me sens mesuré comme un sénior de 60 ans et fougeux comme un jeune homme de 20. Nous ne connaissons rien au foot l'un et l'autre mais lorsque son dos retrouve ma main, nous devenons deux vieux potes -supporters de l’OM- depuis toujours. Et dans le stade de sa chambre d'antiquités notre échange corporel chante ou gueule : « On va gagner, on va gagner, on va gagner ! »

7- En fin de stage, nous sommes invités à réaliser un dernier massage d’une heure « en free style » reprenant tout ce qui a été montré, répété et acquis ces 3 derniers jours. A proximité de ma table, la présence de Renato comme disc-jockey m’intimide. Sa musique démarre, je respire profondément et c’est parti. Amnésie totale et soudaine ; que se passe-t-il ? Je ne me souviens plus de rien et même l’improvisation m’est impossible. Comme un acteur sur scène qui ne sait plus son texte, étouffé par le trac, je fais semblant de masser. Je traine mes mains sur le dos de Catherine comme à la gare du nord, un balayeur son balais. Plus gêné encore vis-à-vis d’elle que de moi, j’ai honte et tout ce qui m’entoure, la musique comme la proximité des camarades accentue ma honte. « Luc, ressaisie-toi, concentre-toi, souviens-toi des mouvements que tu connais ». Mais, rien n’y change, je suis bel et bien « à poils » en public devant les projecteurs. Humilié et perdu, les bras ballants dans le vide, j’en pleure et voudrais que la terre s’arrête pour descendre. Je vais mourir ! Le maitre Renato m’observe, s’en rend compte et s’approche. « Oh putain, non, pas lui, au secours ! » Approchant sa bouche de mon oreille, j’entends une voix basse assassine et bienveillante me dire : « Tu vois, l’égo de Luc, c’est çà… » Je meurs !


8- J’ai perdu 10 Kg ; tous les deux à trois jours je vais à la piscine favoriser ce changement, presque par nécessité. Jamais l’eau ne m’a été aussi agréable. Je suis moins dans l’action, plus dans l’acceptation. Le monde devient moins hostile, plus favorable. De même, dans mon lit, jamais les draps en percale ne m’ont été plus agréables. Toucher ma femme me fait plus d’effet également. Après quinze ans de vie commune, j’ai l’impression de la redécouvrir (...) On dirait que mes sens s’aiguisent comme un nez qui se débouche au terme d’un long rhume. C’est probablement 20 kilos que j’ai à perdre dans la tête. Patience. A la question « qu'est-ce que vous faîtes dans la vie, quel est votre métier ? », je n’ai plus rien à répondre ! « Décorateur » me semble une approximation, une mauvaise blague. C’est évident, mes cartes sont périmées. Là ou je croyais avoir un sentier, j’ai maintenant une autoroute. Forcément, c’est déroutant. Alors je fais le grand écart entre vouloir m’améliorer et m’accepter tel que je suis. Reprocherait-on à un aveugle de ne pas voir clair ? Vivifié, je dois me mettre au travail, c'est-à-dire corriger toutes mes cartes. En tant que décorateur, la soixantaine de visites à domicile réalisées chez le client pour vendre les couleurs FARROW & BALL m’apparait comme une classe préparatoire de la connaissance de l'autre, une approche de son intérieur, de sa peau. Je vais maintenant rentrer dans le vif du sujet, au sens propre.



 

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Regarder un jardin zen sec et devenir contemplatif...

Auteur: Luc, hivers 2014
Retiré au fond du Spa, mon jardin de cailloux n'est peu-être pas l'attraction favorite des clients. Mais parfois l'un d'eux s'y retire pour faire son yoga ou lire son livre. Et me pose plein de questions. Puisse ce petit texte "expliquer" le regard zen, aider la perception de cette drôle de création par laquelle j'eu plaisir... à ne rien inventer. 

Pour le Japon des traditions, le monde est tel que notre imagination le crée.  Le temps n’existe que dans l’instant où vous le vivez, avec l’intensité de ce qui n’aura plus jamais lieu. Votre existence est faite du vide entre cet écran d’ordinateur et votre visage, du vide entre le silence de cette terrasse et le bruit du véhicule sur la route. Et ce vide est … l’attente d’une divinité !

Les traits calligraphiés sur la feuille, les poutres et le mobilier de la chambre de thé ou les pierres dans le gravier ne sont que des traces destinées à révéler ce vide, à créer et multiplier des intervalles. Et pour le japon des traditions, ce plaisir du vide et de l’intervalle est appelé Ma.  Ma est espace, Ma est temps, Ma est à la fois fusion de l’un et de l’autre.  Même les objets pleins sont habités de vide occupé, une occupation passagère, une énergie spirituelle : un « chi », une divinité : un « kami ».   

Pour le Japon des traditions, il n’y a pas d’art figuratif ou d’art abstrait ; le naturel ne s’oppose pas plus à l’artificiel que la mémoire ne s’oppose à l’imaginaire. Ainsi, la profondeur devient surface, la présence absence ou l’original copie…  Par ailleurs, on cultive l’obscurité pour favoriser la sensation d’espace.  Et un lieu visuellement vide comme cette terrasse devient une aire sacrée propice à votre bien-être.
Asseyez-vous, fermez les yeux, respirez profondément puis ouvrez-les à moitié. Le paysage n’a plus de distance réelle, votre perception ordonnatrice rationnelle est dissoute.  Les pierres et leurs arrière-plans : mur vert et bambous, maisons et collines, mont Ventoux et nuages blancs flottent devant vous.  Une coexistence hétérogène s’étale comme un échantillon dépourvu de centre et de symétrie, sans commencement ni fin. Ce n’est pas un désordre mais une immensité anonyme, un monde flottant.   Elargissez votre conscience : face à vous, l’œuvre d’une divinité apparait et vous offre de lui ressembler…

Ce jardin a été réalisé en octobre 2012 avec les pierres d’un viticulteur voisin avant la rénovation du mas. Avec l’aide de différentes forces : un tractopelle, une remorque, trois hommes de main et une dizaine de SMS solidaires ; une implantation en quatre heures entre agir et non-agir. Ici, la pierre est Terre-yang comme le gravier est Mer-yin.   Deux groupes de pierres se complètent : à gauche, une dominante yin ou féminine et à droite, une dominante yang ou masculine.  Avec du yang dans le yin et inversement. Et parce que c’est venu ainsi, le terrain n’est pas un rectangle mais un trapèze.  L’entretien et le ratissage hebdomadaire du jardin cultive la vacuité du jardinier-masseur;  il ne lui prend pas de temps, il lui en donne (…)

La lecture d’une traduction française du SAKU-TEIKI, un traité du 11ème siècle à l’origine de l’art de dresser les pierres dans les jardins japonais a préparé l’ambiance du chantier entre Bouddhisme et Animisme.
Extraits :  « Il faut cultiver votre cœur longuement, puis, rapidement, suivre votre cœur ».  « Ne cherchez pas à faire joli, parce que la beauté ne vient pas d’une recherche de la beauté mais d’une conquête de vous-même ». « Les pierres dressées verticalement captent les énergies célestes tandis que les pierres couchées horizontalement les font rayonner sur la terre et sur les hommes ». 

Chers visiteurs, c’est maintenant le jardin en personne qui vous parle. Regardez-moi, libérez-vous de vos pensées, devenez contemplatifs et sentez le bien-être vous envahir…

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LAURE BERGUIER, praticienne au Mas turquoise.

Auteur: Laure, décembre 2016
Praticienne certifiée, je vous propose une séance personnalisée selon votre humeur du jour ou vos besoins profonds. Souriante, bienveillante, mes mains se nourissent de chaque corps comme chaque corps se nourrit de mes mains...

Voir votre visage doucement se transformer pour respirer de bien-être me remplit de joie. Pour moi, chaque client est une rencontre et chaque massage une leçon. Mes mains ont des oreilles qui vous écoutent. En confiance et en conscience, soyez les bienvenus. 

Vous pouvez aussi me jondre directement par téléphone au 06 50 03 38 16
ou par mail à laure.gleize @ gmail.com

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SACHA RAGAZZO, praticien au Mas turquoise

Auteur: Sacha, mars 2016

Partagé entre rusticité du monde agricole et sophistication du Spa, je me présente comme un amoureux de la terre et de la nature. Mes activités au grand air nourrissent mes mains de masseur. Puissent mes vignes, mes forêts et mes nuages vous transmettre leur force.


Une formation en massage à l'institut CASSIOPE et d'autres en huiles essentielles ou plantes médicinales m’ont offert une bonne connaissance et conscience du vivant. Au mas turquoise, ma simplicité vous accueille pour une retrouvaille de vous-même. Faites-moi confiance, laissez-moi vous reconnecter à votre corps. Et repartez vivifié des pieds jusqu'à la tête, fort comme un arbre bien enracinné qui s'élève vers le ciel immense.

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SABINE DEYNA, praticienne au Mas turquoise

Auteur: Sabine, mars 2016

Passionnée par les arts martiaux, la danse et le QI Gong, je me suis très tôt intéressée au langage du corps par le mouvement, à la respiration et à la communication par le toucher. C’est donc naturellement que j’ai évolué vers l'activité de praticienne en massages-bien-être.

Observatrice et à l'écoute de chacun, je vous apporte mon savoir faire et mon savoir-être en associant rythme, intuition et technique pour un voyage personnalisé et unique à chaque séance. Apporter une bienveillance, une intention positive, une générosité, une simplicité, telle est la vison de mon métier. Vous pouvez aussi me retrouver à mon cabinet situé entre le Vaucluse et les Alpilles.

TERRE DE LUNE, 67 chemin du Rougadou, 13210 St Rémy de Provence.
tel: 06 62 62 80 82, mail: terredelune.massage@gmail.com

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SARAH CHERON, praticienne au Mas turquoise

Auteur: Sarah, mars 2016
Issue d'une famille d'artistes-voyageurs, je me suis nourrie de multiples cultures. Mon parcours d'études et de métiers est aussi un chemin de recherches. Assez jeune, je me suis formée à différentes approches ou techniques de bien-être et de thérapies.

Une formation de praticienne certifiée chez BIOPULSE, des formations aux plantes médicinales à Lyon ainsi que des sessions de PNL ou de CNV (programation neuro-linguistique ou communication non violente) m'ont apporté une bonne connnaissance de moi-même et un certain niveau de conscience. Par ailleurs, des réalisations artistiques inclassables m'ont rendu définitivement créative dans l'approche de l'autre et du travail en général.
Vous rencontrer et prendre soin de vous au Mas turquoise sera une chance pour moi.
Laissez-moi trouver le langage et les gestes qui vous rendront vie !

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Il est un lieu...

Auteur: Mohamed, libraire, écrivain à ses heures et client. Avril 2016
Il est un lieu qui m'offre le silence, hors des sentiers battus de la Provence ocre jaune, vert olive ou rouge garance.
Un mas turquoise, couleur porte-bonheur, pierre sacrée des amérindiens et des tibétains. Turquoise chic, hypnotique, relaxante. Il est un lieu où le temps devient illusoire. J'y suis une horloge qui n'avance ni ne retarde ...

Ainsi mon corps, ma mécanique, mon ressort, mon remontoir, mon cadran blanc ou mes chiffres noirs n'ont pas d'aiguilles. Et, je ne sais, fabriquant l'heure, quelle heure il est.
Le moment présent active son pouvoir sur moi, mes perceptions s'y affinent, les matériaux, les espaces, les objets me murmurent et me pénètrent au point d'éprouver un amour de ce qui m'entoure, de tout ce qui est, ici et maintenant.
Il est un lieu où les livres s'invitent dans les chambres...
Entre deux pages, l'écrivain japonais Tanizaki Junichiro nous fait l'ELOGE DE L'OMBRE et nous sensibilise à la subtilité de son pays.
Entre deux autres pages, l'écrivain autrichien Rainer Maria Rilke siffle sur nos têtes... Empreintes d'une mélancolie lumineuse, LES ELEGIES DE DUINO circulent dans la maison; on y entend chuchoter le poête.
Il est un lieu où j'ai rencontré une personne. Luc, propriétaire des lieux par qui tout devient "luxe, calme et volupté".  Luc m'observe discrètement, m'accomapgne, me répare. Il m'écoute, me répond ou garde le silence. Il me sourit puis court aussitôt vers un autre client.
Aujourd'hui est un nouveau jour. Déambulation vers ma chambre monacale dans l'escalier céleste et le couloir bleu-nuit (...) Un souffle de vie circule entre les murs du Mas Turquoise.